Home 5 animaux d’élevage 5 Importance du repos chez la vache laitière

Importance du repos chez la vache laitière

Déborah Temple, Fernando Bargo, Eva Mainau, Ignacio Ipharraguerre, Xavier Manteca

Janvier 2016

Le repos est très important pour les vaches laitières et le manque de repos et de sommeil a un impact négatif tres prononcé sur la production et le bien-être des vaches laitières. Le logement a un effet considérable sur le comportement de couchage, la santé et la production des vaches laitières. Chaque type de logement présente des avantages et des inconvénients en termes de bien-être. Cette fiche d’information présente le cas du groupe Chiavassa en Argentine, qui a mis en place avec succès une litière compoostée dans son élevage, améliorant ainsi l’efficacité de la production des vaches.

Importance du repos chez la vache laitière

Les vaches laitières doivent se reposer pendant environ 10 à 12 heures par jour et le comportement de couchage est encore plus important pour les vaches que le comportement alimentaire et l’interaction avec les autres vaches. Quand la durée de couchage est réduite, celà a un impact négatif à la fois sur la production et sur le bien-être. En se couchant, une vache optimise sa rumination et produit plus de salive, réduisant ainsi le risque d’acidose ruminale. En outre, l’irrigation sanguine de la mamelle est plus importante chez une vache couchée (environ 5 L/min) que chez une vache debout (environ 3 L/min), ce qui améliore le fonctionnement de la mamelle et augmente la production laitière. Lorsqu’une vache reste debout trop longtemps, la pression à l’intérieur du sabot augmente, ce qui entraîne une hypoxie (réduction de l’apport en oxygène) et une ischémie (restriction de la circulation sanguine), augmentant ainsi le risque de boiteries. De plus, la concurrence pour un lieu de repos confortable peut déclencher des conflits entre les vaches, ce qui peut entraîner un stress chronique et augmenter le risque de maladies et de problèmes de reproduction.

Plusieurs indicateurs comportementaux sont utilisés pour évaluer le confort des vaches, notamment la durée totale de couchage, le nombre de fois qu’une vache se couche et la durée de chaque épisode de couchage. Lorsque les vaches sont à l’aise, la durée totale de couchage augmente et chaque épisode de couchage dure moins longtemps, car les vaches préfèrent se lever et se coucher plus souvent. Inversement, lorsque les vaches ne sont pas à l’aise, elles préfèrent rester debout plutôt que de ressentir la douleur associée au fait de se coucher. Quand l’aire de repos n’est pas confortable, les vaches s’allongent en dehors de l’aire de couchage. Certaines, par exemple, vont même s’allonger sur les tapis de circulation. On peut aussi observer des vaches « perchées » sur les logettes, mettant leurs deux pattes avant dans la logette et les deux pattes arrière sur le tapis.

Le sommeil chez les vaches

Les vaches adultes dorment environ 4 heures par jour, principalement la nuit. Le sommeil, en particulier le sommeil paradoxal (mouvements oculaires rapides), se produit le plus souvent lorsque la vache est au repos, le cou détendu et la tête reposant sur le flanc. Lorsque les vaches sont biens et confortables, elles dorment rarement debout. Une diminution de la durée de couchage due à de mauvaises conditions de logement affectera le sommeil et, à son tour, le manque de sommeil peut perturber le système endocrinien, augmenter la dépense énergétique et altérer la fonction immunitaire.

Vache adoptant la posture typique du sommeil paradoxal à l’élevage Chiavassa (source AWEC)

Principaux problèmes de bien-être liés au logement

Le logement a un impact considérable sur le comportement de couchage et le repos, la santé et les performances des vaches laitières. Il n’existe pas de type de logement parfait en termes de bien-être animal, car la gestion et la conduite de chaque élevage a un effet bien plus important que le type de logement lui-même.

La stabulation libre en logettes est le système le plus courant. Les logettes varient considérablement en termes de conception, de type de litière et de qualité du sol. Les dimensions des logettes ne correspondent pas toujours à la taille ou au poids des vaches, et les logettes mal dimensionnées font que certaines vaches restent debout « perchées » sur la logette et d’autres se couchent en dehors de l’aire de repos. Les logettes inconfortables réduisent la durée de couchage et les vaches ne peuvent pas adopter certaines postures pour se reposer. Cela perturbe à son tour le sommeil ayant un impact négatif sur la production. Les litières confortables permettent aux vaches de pourvoir réaliser la séquence normale de mouvements se coucher et se lever. Les vaches se lèvent en faisant reposer le poids de leur corps sur leurs pattes avant. Les litières souples réduisent donc les inflammations et blessures des articulations carpiennes. Par contre, les mauvaises litières dures, rugueuses et abrasives augmentent le risque de blessures et de boiteries.

La stabulation libre sur litière de paille ou compostée n’est utilisée que dans un petit nombre d’exploitations en Europe, mais sa popularité augmente. Les indicateurs comportementaux liés au repos suggèrent que les vaches sont plus à l’aise dans ces systèmes. En outre, ces systèmes réduisent l’incidence des blessures au niveau des pattes. En revanche, ces logements demandent un entretient important et entraînent une augmentation des coûts de production en raison des matériaux utilisés pour la litière. Les vaches ont aussi tendance à être plus sales dans ces systèmes de logements que dans les logettes conventionnelles. La propreté du sol et des vaches est importante, non seulement parce que les vaches préfèrent se reposer sur une surface propre, mais aussi parce que la saleté augmente le risque d’infections et de boiteries. La saleté ramollit la peau cornée du sabot, augmentant ainsi le risque de lésions du sabot, et endommage la peau de l’espace interdigital, exposant les tissus plus profonds aux micro-organismes.

« Garantir un bon comportament de couchage et un bon repos améliore le bien-être et la production »

Étude de cas – L’élevage Chiavassa

La laiterie du groupe Chiavassa, située dans la province de Santa Fe en Argentine, trait environ 1000 vaches Holstein dans un système confiné avec un régime TMR, avec un lot de 300 vaches à forte production. Chaque jour, la consommation réelle de matière sèche dans chaque enclos est estimée en calculant la différence entre les aliments offerts et les aliments rejetés.

Depuis 2014, la laiterie Chiavassa dispose d’une installation de litière compostée pour le lot de vaches à forte production. Auparavant, les vaches étaient logées dans un système ouvert sur la terre. Il est important de se rappeler que pour obtenir de bonnes performances, le compost nécessite un entretient quotidien et les vaches doivent disposer d’un espace suffisant.

Au cours des trois mois qui ont suivi le changement d’installations, les vaches à forte production ont augmenté l’efficacité de conversion de 30% la (1,80 contre 1,40 litres/kg de MS) sans changement significatif de la consommation de matière sèche (27,5 kg/jour). En d’autres termes, en consommant la même quantité d’aliments, les vaches logées dans les nouvelles installations de litière compostée ont produit 49 litres/jour au lieu de 39 litres/jour.

Changements dans l’efficacité, la consommation et la production des vaches hautes productrices lors du passage de l’ancienne installation à une nouvelle installation avec litière compostée.

Anciennes installations Nouvelles installations avec litière compostée Changements
Efficacité de conversion (L/kg MS) 1,40 1,80 + 29%
Consommation de matière sèche (kg/jour) 27,7 27,2 – 2%
Production de lait (L/jour) 38,7 48,7 + 26%
(L/jour) 28,3 38,5 + 36%

Résumé

Les vaches laitières doivent pouvoir se coucher pendant au moins 10 à 12 heures par jour. Des installations confortables permettent d’augmenter la durée de couchage ce qui favorise le repos et le sommeil des vaches. Tout celà a un effet positif sur la production. L’expérience du groupe Chiavassa montre que l’investissement dans l’amélioration du bien-être des vaches a un impact positif sur les résultats économiques en raison d’une amélioration significative de l’efficacité de la conversion des aliments en lait.

Références

  • Groupe Chiavassa – grupochiavassa.com/web
  • Cook NB, Nordlund KV 2009. L’influence de l’environnement sur le comportement des vaches laitières, la santé des griffes et la dynamique des boiteries du troupeau. Veterinary Journal 179 : 360-369.
  • EFSA 2009 Effets des systèmes d’élevage sur le bien-être et les maladies des vaches laitières Rapport du groupe scientifique sur la santé et le bien-être des animaux. Rapport scientifique de l’EFSA préparé par l’unité « Santé et bien-être des animaux » sur les effets des systèmes d’élevage sur le bien-être et les maladies des vaches laitières. Annexe du Journal de l’EFSA 1143 : 1-7.
  • Endres MI, Barberg AE 2007. Behavior of dairy cows in an alternative beddedpack housing system (Comportement des vaches laitières dans un système de logement alternatif). Journal of Dairy Science, 90 : 4192-4200.
  • Munksgaard L, Jensen MB, Pedersen LJ, Hansen SW, Matthews L 2005. Quantifying behavioural priorities – Effects of time constraints on behaviour of dairy cows, Bos taurus. Applied Animal Behaviour Science 92 : 3-14.

Celà peut t’interesser:

Aspects du bien-être liés à la métrite chez les vaches laitières

Eva Mainau, Pol Llonch, Déborah Temple, Xavier Manteca Télécharger PDF  Liste de références Janvier 2013 La métrite est une inflammation de l'utérus qui touche à la fois la cavité utérine et la paroi utérine. Elle se manifeste généralement dans les 21 jours suivant le...

Le chien de protection de troupeaux (1/4)

Déborah Temple, Gabriel Lampreave, Mathieu Mauriès, Marta Amat, Xavier Manteca Télécharger PDF avec illustrations Document technique réalisé dans le cadre du projet "Le chien de protection de troupeau : le meilleur ami des élevages de montagne" Projet financé par...

Cases de mise bas libre des truies en bâtiment

Avril 2019 Document technique produit dans le cadre du projet "Nouvelles cases de mises bas pour les truies" Projet financé par l'opération 01.02.01 Transfert de technologie du Programme de développement rural de Catalogne 2014-2020. Les cases de mise bas...

Douleur causée par la mise bas chez la truie (1/2)

Eva Mainau, Déborah Temple, Pol Llonch, Xavier Manteca Octobre 2018 La mise bas est un processus douloureux qui présente un risque à la fois pour la truie et pour les porcelets nouveau-nés. Une mise bas difficile (dystocie) est associée à une douleur intense résultant...

Nouvelles associées

Nous serions heureux de pouvoir vous aider !

Si vous avez des questions sur nos services, n'hésitez pas à nous contacter.

Inscrivez-vous à AWEC

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir nos documents tecniques !

Merci